Pourquoi ce blog?...

Parce qu'il m’est enfin permis de participer directement à la "discussion publique".

Ma motivation ?
Soumettre mes notes et réflexions sur des situations, des hommes et des évènements, mais aussi sur des questions qui furent au cœur de mes responsabilités professionnelles, notamment en Languedoc-Roussillon, et de mes centres d’intérêts intellectuels...A qui voudra bien les lire.

Réagir enfin à ce qui m'exaspère ou me réjouit. Choses lues dans la quiétude de mon bureau ou à la terrasse d'un café. Entendues aussi, en bas de chez moi. Dans la rue... ou ailleurs dans cette ville de Narbonne, qui m'est si chère!  

 

Afficher l image en taille réelleAvec l'été, la tyrannie des bruyants se déploie dans tout l'espace public. Des cités au coeur des villes la même loi de la jungle qui, nuits après nuits, fait endurer aux plus pauvres et aux plus faibles musiques et pétarades de toutes sortes. Dans les faits, quel recours ces personnes ont-elles ? Aucun. Certes, le phénomène n'est pas nouveau : dans une lettre adressée le 30 mai 1937 au maire de Fontenay-aux-Roses, Paul Léautaud se plaignait des abus de la TSF : la rue où j'habite, écrivait-il, "commence, comme elle l'a été tout l'été dernier, à être inhabitable, journées et soirées, par les excès de sons auxquels se livrent les habitants de certains pavillons qui non seulement font marcher leur appareil au plus haut diapason, mais encore en tenant leurs fenêtres toutes grandes ouvertes, ou en plaçant même ledit appareil dans leur jardin. La liberté, vous le savez, c'est le droit pour chacun de faire ce qui lui plaît jusqu'à la limite du droit d'autrui". Rien de neuf sous le soleil donc, sauf que le nombre d'appareils sonores a été multiplié jusqu'à saturation et que les places et les terrasses de nos villes sont privatisées à outrance au profit de bistrotiers qui racolent le chaland estival et nocturne à grands concerts de débiles décibels. Et ce avec la bénédiction d'élus résidants en général dans des quartiers protégés de cette dictature du bruit, dictature qu'ils présentent au demeurant comme " une contribution citoyenne " à leur propre politique culturelle. On en viendrait presque, dans ces conditions de pollutions sonores, à se féliciter d'une météo pourrie tant le beau temps est désormais devenu pour beaucoup une véritable calamité. Il est donc temps de partir à la reconquête du droit au silence, sans la " crainte démocratique " de passer pour un ringard ou un gêneur. Et de proposer, comme la nuit, qui disparait sous les lumières urbaines, que le silence figure au patrimoine de l'humanité...
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